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La quatrième édition annuelle de l’inSIG renforce la capacité de l’Inde à façonner l’avenir de l’Internet

Du 15 au 17 novembre 2019, la quatrième India School on Internet Governance (inSIG2019) s’est tenue à Kolkata, élargissant ainsi son réseau de dirigeants et de professionnels actifs dans le façonnement de l’avenir de l’Internet.

Grâce au soutien de différents sponsors, 50 membres de divers horizons académiques, culturels et régionaux ont participé à l’inSIG2019. Par le biais de tables rondes, d’ateliers, de jeux de rôle et d’activités de groupe, l’école de trois jours a couvert une myriade de sujets liés à l’Internet, ce qui a permis aux participants de mieux comprendre la complexité de la gouvernance de l’Internet et son importance pour l’avenir de l’Internet.

Les séances ont porté sur des sujets fondamentaux comme l’histoire, les principes et l’état de l’Internet. Les obstacles à la sécurité en ligne, aux droits de l’homme, à la radicalisation en ligne et à la cybersécurité ont été examinés en détail, et de nombreuses perspectives, ingénieuses et invitant à la réflexion, ont été dégagées. L’état et les défis des technologies émergentes, de la réglementation des contenus et de l’Internet multilingue ont également été largement débattus par des participants fournissant des informations et des contributions précieuses.

L’importance du modèle multipartite de gouvernance de l’Internet a également été soulignée. En outre, Arnold van Rhijn a présenté l’approche néerlandaise de la gouvernance de l’Internet et expliqué comment une consultation collaborative avec de multiples parties prenantes réduit les frictions futures dans l’élaboration des politiques.

Des experts mondiaux d’organisations liées à l’Internet telles que l’APNIC, le CISCO, l’ICANN, l’IETF, l’Internet Society et le SFLC, représentant diverses parties prenantes telles que le monde universitaire, le droit, la société civile, le gouvernement, les groupes techniques et le secteur privé, ont participé à cet événement. Les multiples points de vue de ces diverses organisations ont donné à cet événement une vision holistique des questions de gouvernance de l’Internet.

Cette année, l’inSIG2019 s’inscrivait dans le cadre de la Semaine de l’Internet en Inde, et comportait deux événements du Jour 0 : le deuxième YouthIGF India et l’atelier Triple-I du Forum mondial sur l’expertise en matière de cybernétique. Le YouthIGF India a rassemblé environ 150 jeunes de toute l’Inde pour débattre de divers défis de la gouvernance de l’Internet et planifier un engagement accru des jeunes dans les discussions sur les politiques. L’Atelier Triple-I, facilité par le Ministère néerlandais des affaires économiques et du climat, a réuni des experts de haut niveau en matière de sécurité avec des participants du secteur, de la société civile, des organisations gouvernementales et de la communauté technique afin d’examiner les moyens d’améliorer la sécurité de l’Internet et la confiance de ses utilisateurs.

Dans l’ensemble, l’inSIG2019 était bien structuré et a permis d’établir un grand équilibre entre les aspects technologiques et politiques de la gouvernance de l’Internet. Les connaissances et les points de vue complets ont servi de base à l’établissement d’un solide réseau d’anciens dirigeants et de praticiens de l’Internet qui tireront parti de la plateforme inSIG pour apporter davantage de contributions et de collaborations.

L’InSIG a été créé en 2016 et les précédentes écoles ont organisé des événements à Hyderabad (2016), Trivandrum (2017) et New Delhi (2018). L’inSIG2019 a été organisé grâce à un partenariat entre quatre chapitres de l’Internet Society de New Delhi, Kolkata, Mumbai et Trivandrum. L’événement a été soutenu et parrainé par NIXI, Facebook, l’Internet Society, APNIC, ICANN, Neustar, APASA et MediaNama.

Le cinquième inSIG, sera normalement organisé en octobre-novembre 2020 à Mumbai.

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Leçons tirées du processus multipartite aux Philippines

En 2018, nous avons commencé à collaborer avec le Département des technologies de l’information et des communications (DICT) des Philippines pour élaborer le Cadre national de l’écosystème des TIC (NICTEF) du pays, qui succède à la Stratégie numérique des Philippines pour 2011-2016.

Le DICT, comme tous les organismes gouvernementaux philippins, est mandaté par la loi pour tenir des consultations ouvertes afin d’améliorer la transparence et d’encourager la participation du public lors du processus d’élaboration des politiques. Mais il a poussé cette initiative plus loin en veillant à ce que le NICTEF reflète pleinement les besoins et les priorités des différents secteurs de l’archipel. Pendant un an, le DICT a organisé des ateliers de renforcement des capacités, des discussions de groupe, des ateliers de rédaction, une enquête publique en ligne et des consultations régionales dans chacun des principaux groupes insulaires du pays, ce qui a permis de localiser l’approche multipartite dans le processus de prise de décisions importantes et difficiles.

Le NICTEF est maintenant un guide qui fait autorité sur l’écosystème numérique des Philippines, et une feuille de route pour harmoniser et coordonner les programmes de TIC du pays. Le processus multipartite adopté par le NICTEF a été documenté dans une étude de cas, offrant aux autres pays de la région une référence pour l’élaboration de politiques publiques avant-gardistes, inclusives et adaptées aux besoins d’un monde en constante interconnexion.

Vous trouverez ci-dessous certains de nos principaux enseignements tirés de ce processus :

Élaborer et présenter clairement une proposition de valeur pour s’assurer que le processus multipartite est productif et axé sur les résultats.

Dans les invitations et les annonces, il est utile de préciser clairement aux parties prenantes pourquoi elles doivent participer et ce qu’elles gagnent à s’impliquer dans le processus d’élaboration des politiques. Cela aiderait les organisations à identifier les représentants appropriés pour prendre part aux consultations et leur permettrait de préparer leurs contributions.

Établir des partenariats stratégiques et durables pour la mise en œuvre d’un modèle de collaboration multipartite.

Le modèle multipartite doit être un processus continu et durable plutôt qu’une initiative ponctuelle. Par exemple, le DICT a trouvé efficace d’entamer des discussions avec la division des politiques et de la planification d’autres organismes gouvernementaux. Cette division connaîtra probablement l’orientation générale et les résultats attendus de chaque ministère et sera en mesure de fournir des conseils sur la collaboration possible et les divisions pertinentes qui peuvent être mises à contribution pour le NICTEF.

Mener des consultations en face à face au niveau régional pour connaître les campagnes et écouter les parties prenantes plus difficiles à atteindre.

En collaboration avec ses bureaux régionaux et provinciaux, le DICT a mené des consultations publiques dans tout le pays pour atteindre chaque groupe insulaire et tenir compte des différents niveaux de développement, priorités et perspectives.

Adapter le processus multipartite à la culture du pays.

Dans de nombreuses cultures asiatiques, les individus ont tendance à être réticents à prendre la parole lorsque des cadres supérieurs ou des membres du gouvernement sont présents dans la salle. Il est donc nécessaire d’offrir aux individus de multiples façons d’exprimer leurs préoccupations, même de façon anonyme par le biais de sondages.

Il convient de se concentrer sur l’ensemble de l’écosystème des TIC, et pas seulement sur ce que fait le gouvernement ou le secteur des TIC.

Une partie cruciale de l’élaboration des politiques en matière de TIC consiste à identifier les lacunes existantes dans différents secteurs où des interventions politiques pourraient être utiles. Pour atteindre les entreprises et les organisations individuelles, le DICT a noué des contacts avec des organismes sectoriels et professionnels, tels que la Chambre philippine des opérateurs de télécommunications et l’Association des technologies de l’information et des processus commerciaux des Philippines. Les discussions et les consultations étaient ouvertes à tous et ont été annoncées en ligne sur les sites Web du gouvernement et les réseaux sociaux.

Les précédents exercices d’élaboration de politiques en matière de TIC ont porté sur les efforts déployés par les pouvoirs publics dans le secteur des TIC. Le NICTEF, cependant, est un cadre national permettant à l’ensemble de l’écosystème des parties prenantes de travailler en collaboration. Il représente ce que le peuple des Philippines souhaite collectivement pour le pays et, dans ce cadre, le rôle que le gouvernement peut jouer.

Lire Un modèle multipartite dans l’élaboration des politiques de TIC : Étude de cas des Philippines

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Examiner le GIFCT à la loupe

La récente Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) s’est démarquée en mettant l’accent sur le climat de la planète Terre. Une autre série de réunions autour de l’Assemblée générale des Nations Unies a quant à elle porté sur un autre climat : celui de la peur, de la colère et de la violence sur Internet.

Pas plus tard qu’en mars dernier un homme (il n’y a qu’un seul accusé) a tiré sur des dizaines de personnes lors de deux attaques contre des musulmans en prière. Le tireur a diffusé les 17 premières minutes de ses attaques sur Facebook Live. L’utilisation d’un service Internet dans ce cas précis, combinée aux préoccupations générales sur la façon dont les services Internet sont utilisés pour le terrorisme et l’extrémisme violent, a donné lieu à l’Appel de Christchurch.

L’Appel de Christchurch nous donne des raisons d’être optimiste. Rarement les gouvernements ont travaillé aussi résolument ou aussi rapidement, ensemble, pour s’attaquer à un problème social mondial. Lors d’une réunion parallèle à New York à l’Assemblée générale des Nations Unies, une trentaine de pays supplémentaires ont signé l’appel ; plus de 50 au total. La Nouvelle-Zélande a pris les devants tout en insistant sur le fait que les gouvernements ne peuvent pas s’attaquer seuls au problème et a essayé d’impliquer tout le monde – par le biais d’un réseau consultatif – dans les décisions qui ne peuvent que nous affecter tous.

Il peut néanmoins y avoir des raisons d’être plus prudent qu’optimiste. La même réunion parallèle a annoncé la « refonte » du Forum mondial de lutte contre le terrorisme sur internet (GIFCT). Le GIFCT (généralement prononcé « gif-cii-tii », avec un g dur) a été créé par quelques grandes entreprises de réseautage social en 2017 afin de coopérer lors d’activités visant à lutter contre le « contenu terroriste » trouvé sur les pages desdites entreprises. La définition du « contenu terroriste » a évolué au fil du temps et il est d’ailleurs maintenant désigné comme « contenu terroriste et extrémiste violent » afin de préciser que les cibles ne sont pas toutes membres d’organisations terroristes identifiables. Indépendamment de ces détails, le projet GIFCT semble être une idée excellente, et il a le potentiel d’être une initiative valable. Il reste cependant beaucoup de travail à faire pour s’assurer que le GITCT ne devient pas simplement un mécanisme permettant à certaines grandes entreprises de conserver les avantages existants.

Le premier problème avec le GIFCT est que bien qu’il prétende être un forum dédié à Internet, il ne l’est pas vraiment. Il s’agit d’un forum permettant aux grandes entreprises des plateformes de réseautage social de partager leurs techniques de filtrage de contenu afin de détecter certains types de contenus et de les supprimer des plateformes participantes. Les plateformes de réseautage social ne sont pas l’Internet, et les caractéristiques architecturales qu’elles partagent généralement ne sont pas partagées par tous les autres services sur Internet. Bien sûr, personne, sauf les terroristes, ne veut de contenu terroriste sur les réseaux sociaux. C’est donc probablement une bonne chose que les entreprises de réseautage social collaborent pour s’attaquer aux problèmes que posent ces contenus. Pourtant, la plupart des services de réseautage social sont dotés d’une autorité centrale qui contrôle le flux de contenus, tandis que bien d’autres services sur Internet sont conçus pour résister à une telle centralisation. Les techniques qui fonctionnent pour un type de service ne fonctionneront pas pour tous.

De plus, ce n’est pas seulement que les mécanismes qui conviennent à la plupart des services de réseautage social ne conviennent pas à d’autres types d’activités sur Internet. Il est également vrai que les opérateurs des grandes entreprises de réseautage social ont un réel intérêt à brouiller la distinction entre leurs services et Internet. Aussi bien intentionnées soient-elles, lesdites entreprises ont tout intérêt à soutenir une réglementation qui fasse de l’architecture de leurs plateformes une caractéristique permanente de l’ensemble de l’Internet. Si les gouvernements commencent à adopter une réglementation de l’Internet qui favorise l’approche GIFCT, alors la conception des plateformes de réseautage social deviendra une caractéristique permanente de ce que nous pouvons faire avec Internet. Cela freinerait l’innovation future, y compris les innovations qui pourraient être plus résistantes aux contenus violents viraux en premier lieu. C’est ce qui rend l’annonce de la restructuration de la GIFCT à New York si inquiétante : elle a été annoncée par les gouvernements qui ont parrainé l’Appel de Christchurch, dans le cadre de leur programme continu.

Il est franchement étrange que les gouvernements semblent si à l’aise avec le GIFCT, puisque l’organisation restructurée s’est dotée d’un modèle de gouvernance qui donne aux entreprises participantes la pleine responsabilité. Les quatre membres fondateurs du GIFCT obtiennent des sièges permanents au conseil d’administration, et d’autres entreprises de technologie participantes peuvent également siéger au conseil qui prend toutes les décisions. Ni la société civile, ni la communauté technique, ni les gouvernements, ni les utilisateurs des plateformes, ni personne d’autre n’a jamais son mot à dire sur le fonctionnement du GIFCT, sur le contenu qui sera couvert, etc. Cette participation est reléguée à un comité consultatif composé de représentants gouvernementaux et de la société civile, mais sans aucune autorité réelle cependant. Ce comité est également censé être suffisamment restreint pour qu’il soit possible de vraiment discuter d’opinions diverses, d’autant plus que l’on ne sait pas très bien qui doit le composer. Ce qui est clair, c’est qu’au bout du compte, seules les entreprises de technologie seront en mesure d’influencer les décisions du GIFCT. Il est juste que le président Macron continue d’appeler cela un « nouveau multilatéralisme ». Le multilatéralisme dépend toujours de la participation de certaines parties prenantes seulement. Ce nouveau multilatéralisme sous-traite fondamentalement la solution au problème des contenus indésirables à un consortium d’acteurs du secteur, qui sera inévitablement dominé par les plus grandes entreprises du secteur en raison des ressources qu’elles doivent y consacrer.

Au-delà de la triste histoire de gouvernance, l’approche même du GIFCT repose sur le principe que l’éradication de ce contenu indésirable est à la fois possible et efficace. En fait, on peut même aller jusqu’à supposer que le fait d’essayer d’éradiquer les messages non désirés se retourne contre nous – que les gens déjà radicalisés le deviendront davantage. Ainsi, paradoxalement, en affaiblissant les communications protégées et en filtrant le contenu, les dirigeants mondiaux risquent de stimuler le terrorisme, plutôt que de dissuader les terroristes. Et bien sûr, même les meilleurs filtres sont imparfaits : ils laissent passer certains contenus qui devraient être filtrés, et ils filtrent du contenu qui n’aurait pas dû l’être. Ils entraînent aussi des conséquences secondaires : ceux qui travaillent à la protection des journalistes ou à la poursuite des crimes de guerre constatent progressivement que les preuves sur lesquelles ils s’appuyaient auparavant disparaissent à cause des filtres de contenu. Ainsi, l’activité fondamentale du GIFCT est au mieux une demi-mesure sur la voie d’un environnement en ligne sain ; et, l’activité pourrait même aggraver les choses. Comme on pouvait s’y attendre, ces problèmes sont tous censés être résolus par le miracle que semble être l’intelligence artificielle, mais personne ne peut dire comment cela va fonctionner.

Comme si cela ne suffisait pas, le GIFCT a toujours été controversé en partie parce qu’il semble être une solution à un problème sans s’attaquer aux racines dudit problème. Les simples solutions techniques aux problèmes sociaux ne fonctionnent presque jamais, et les problèmes liés au terrorisme et à l’extrémisme violent sont incontestablement des problèmes sociaux. La solution technique proposée consiste à essayer de supprimer le contenu indésirable. Le problème social semble être enraciné dans la façon dont les plateformes actuelles de réseautage social attirent et récompensent les utilisateurs. Il est au moins possible que le contenu extrémiste terroriste et violent « devienne viral » en raison d’une caractéristique dans la conception des plateformes. Peut-être que leur fonctionnement basé sur la publicité, qui exige l’attention des utilisateurs, les rend particulièrement doués pour mettre en avant d’horribles contenus. Pourtant, s’attaquer à ce problème pourrait avoir des effets négatifs sur les modèles d’affaires des entreprises impliquées dans le GIFCT : celles qui nommeront tous les membres votants du conseil d’administration du GIFCT. Sans une voix compensatrice dans sa gouvernance, le GIFCT ne pourra tout simplement pas aborder cette question de façon crédible. Les entreprises concernées ne doivent même pas s’engager à respecter les décisions du GIFCT, seulement à y contribuer.

Les défenseurs de la nouvelle structure organisationnelle du GIFCT attirent l’attention sur le nombre de (nouveaux) groupes de travail, qui pourraient être en mesure de faire des recommandations autres que le simple filtrage de contenu. Mais ironiquement, même dans ce cas, la refonte du GIFCT pourrait s’avérer être un obstacle autant qu’une aide. Puisque l’on est en train de transformer le GIFCT en une institution distincte des entreprises de plateformes de réseautage social, les données qui auraient pu être accessibles dans une entreprise de réseautage social précise devront désormais être traitées comme toutes les autres demandes de données des chercheurs. En raison des efforts accrus (et souhaitables !) des entreprises de réseautage social en matière de protection de la vie privée, de telles demandes de données sont aujourd’hui plus difficiles à satisfaire qu’elles ne l’étaient auparavant. Ainsi, même si la nouvelle institution est dominée, si ce n’est contrôlée, par les entreprises de la plateforme, il semble probable qu’être une entité distincte sera désavantageux au moment d’accéder aux données.

Il est encore temps d’éviter ces pièges. Pour ce faire, il faut revenir aux habitudes qui nous ont procuré de nombreux avantages de l’Internet. Au lieu du « nouveau multilatéralisme », qui nous a apporté cette institution d’une légitimité douteuse et d’une efficacité contestable, il convient d’entreprendre une consultation diversifiée et sérieuse avec le reste de l’Internet. Quand tout le monde a un intérêt en jeu, il convient d’aborder les problèmes de façon appropriée par la collaboration. Cela signifie, dans la pratique, l’approche désormais dénigrée, mais toujours utilisable, d’une institution multipartite. Pour ce faire, le groupe consultatif du GIFCT peut être rendu plus utile grâce à des engagements concrets et contraignants en matière de transparence organisationnelle : il convient donc d’inciter le conseil d’administration du GIFCT à rendre son travail public et s’assurer que nous comprenons ce qu’il fait, et d’utiliser le groupe consultatif pour surveiller ces travaux. Cela signifiera probablement aussi que les « rapports de transparence » entièrement définis, créés, publiés et vérifiés par la même organisation devront être au moins aussi solides que les méthodes modernes de comptabilité. En même temps, les gouvernements doivent reconnaître publiquement que le GIFCT, même s’il s’avère efficace dans le traitement d’un problème sur les plateformes de réseautage social, ne sera jamais une solution parfaite et sera presque certainement mal adapté aux autres types de technologie. Et toutes les personnes concernées doivent clairement définir ce que signifie, pour elles, efficace.

Nous devons être attentifs à tout, pas seulement à ce que nous n’aimons pas sur Internet. Par exemple, nous pouvons certainement empêcher le partage d’informations sur les activités terroristes et les contenus extrémistes violents en empêchant le partage de tout. Ce serait une victoire à la Pyrrhus.

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Façonner l'avenir d'Internet Gouvernance Internet

Encourager l’émergence de plusieurs autres Greta : cuvée 2019 du programme d’ambassadeurs FGI

Lorsque la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg, âgée de 16 ans, a fait son irruption sur la scène mondiale il y a quelques mois, l’opinion ne se doutait pas qu’elle aurait une si grande influence pour sensibiliser et mobiliser le monde face au changement climatique. Aujourd’hui, Greta est la porte-parole sans peur de la lutte contre le réchauffement climatique. Avec audace et pugnacité, elle dénonce l’inaction des dirigeants dans la crise climatique et les met face à leurs responsabilités. Nous avons besoin qu’émergent d’autres Greta.

Ils ou elles sont là parmi nous.

Nous sommes fiers de présenter 30 jeunes acteurs du changement qui font partie de la promotion 2019 du Programme des jeunes ambassadeurs FGI parrainés par Internet Society. Cette cohorte regroupe 15 femmes et 15 hommes de 21 pays, de jeunes leaders travaillant sur de nombreux problèmes urgents qui affectent Internet dans le monde.

Le mois de novembre sera l’occasion pour eux de réaffirmer leur volonté de changement à Berlin, en Allemagne, où se tiendra le Forum sur la gouvernance de l’Internet (IGF). Cette grand-messe réunit une multitude de partenaires pour discuter ouvertement des principes, procédures et programmes partagés qui façonnent l’évolution et l’utilisation d’Internet. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un organe décisionnel officiel, le FGI demeure un forum important. Les nombreux experts et défenseurs de l’Internet se retrouvent pour discuter de l’Internet, mais aussi pour établir des contacts, partager le fruit de leurs recherches et les meilleures pratiques du monde entier.

Depuis 2007, Internet Society a soutenu près de 400 jeunes professionnels dans le cadre de ses deux programmes : les Ambassadeurs FGI et les Boursiers Jeunesse@FGI. Cette année, dans le cadre du programme Jeunes ambassadeurs FGI, nous formons et responsabilisons 30 jeunes adultes âgés de 18 à 30 ans. Un premier groupe de 150 candidats sélectionnés a suivi une formation en ligne pendant quatre semaines, assistés de quelques modérateurs expérimentés et dévoués. Les 50 meilleurs étudiants passent à l’étape suivante, qui leur offrira l’opportunité de rédiger un article sur un domaine existant ou émergent de la gouvernance de l’Internet, en s’appuyant sur ce qu’ils ont appris lors de leur formation. Les auteurs des meilleurs articles deviendront nos 30 jeunes ambassadeurs IGF.

Nous sommes certains que ces jeunes leaders inspireront d’autres dans plusieurs disciplines afin que soient renforcées la durabilité, la sécurité, la stabilité et que se poursuive le développement d’Internet.

Plusieurs de nos ambassadeurs ont été à l’origine d’initiatives remarquables, parmi lesquels :

  • Mohammad Atif Aleem, analyste informatique indien dans une multinationale, qui a créé une start-up visant à autonomiser les agricultrices via l’agritech et cofondé une plateforme en ligne de diagnostic médical reposant sur une application mobile.
  • Fernanda González, développeuse de logiciels guatémaltèque, qui a remporté le premier hackathon dédié à la blockchain en Amérique centrale pour avoir créé un protocole visant à intégrer les étudiants des zones rurales à l’économie mondiale. Elle travaille actuellement sur un projet d’entreprise sociale qui facilitera la connexion des zones rurales à Internet et aidera les chercheurs et les communautés à recueillir des données sur la qualité de l’eau.
  • John Madayese, consultant en gestion nigérian, qui a travaillé à l’élaboration de politiques de développement et fondé une plateforme panafricaine à but non lucratif centrée sur le développement personnel et professionnel de la jeunesse africaine à travers des colloques.

Découvrez-en plus sur les jeunes ambassadeurs FGI de cette année !

Nous espérons que nos jeunes ambassadeurs FGI feront entendre leur voix sur la scène mondiale et qu’ils deviendront des acteurs du changement, que ce soit en faisant évoluer le débat sur les politiques dans leur pays d’origine ou en influençant les débats à l’échelle mondiale en faveur de la promotion d’Internet et de ses avantages.

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Femmes de la Tech Gouvernance Internet

Prix « EQUALS in Tech » : les candidatures sont ouvertes

Œuvrez-vous en faveur d’un meilleur Internet pour les femmes ? Connaissez-vous des initiatives favorisant le développement des compétences numériques des filles ? Votre organisation contribue-t-elle à défendre Internet en aidant les femmes à avoir un accès égal aux opportunités de leadership ?

Si les réponses sont oui, nous avons quelque chose pour vous.

Le Partenariat mondial EQUALS a annoncé que les candidatures pour les prix EQUALS in Tech 2019 étaient désormais ouvertes.

Les prix récompensent des initiatives novatrices du monde entier visant à réduire la fracture numérique entre les sexes.

La période de candidatures se déroulera jusqu’au 11 juin 2019. Vous pouvez proposer vos propres initiatives ou celles des autres pour un prix dans l’une des catégories suivantes :

  • Accès : initiatives visant à améliorer l’accès aux technologies numériques, la connectivité et la sécurité des femmes et des filles
  • Compétences : initiatives soutenant le développement des compétences en sciences, en technologie, en ingénierie et en mathématiques (STEM) des femmes et des filles
  • Leadership (deux sous-catégories) :
    • initiatives axées sur la promotion des femmes dans les rôles de prise de décision dans le domaine des TIC
    • initiatives lancées par les entreprises du secteur technologique pour réduire la fracture numérique entre les sexes
  • Recherche : initiatives donnant la priorité à la recherche sur les fractures numériques entre les sexes et produisant des preuves fiables pour s’attaquer aux problèmes de diversité dans les domaines des STEM et de l’informatique

Les prix « EQUALS in Tech » annuels sont organisés et présentés par le Partenariat mondial EQUALS, un réseau de plus de 90 organisations, entreprises, agences des Nations Unies et instituts de recherche. L’Internet Society est fière de présider le comité directeur et d’être membre des coalitions.

Les gagnants seront annoncés lors de la cérémonie de remise des prix qui aura lieu en novembre à Berlin en tant qu’événement parallèle au Forum sur la gouvernance de l’Internet. Les gagnants seront invités à participer et à partager leurs histoires inspirantes.

Nous savons que notre communauté de chapitres, de groupes d’intérêts spéciaux, de membres d’organisations et de partenaires fait beaucoup pour améliorer l’inclusion numérique des femmes dans de nombreuses régions du monde. Nous voulons encourager chacun à proposer ses initiatives ou à nous aider à identifier les personnes qui travaillent à la construction, à la promotion et à la défense de l’Internet pour les femmes et les filles.

Pour plus d’informations concernant la soumission d’une candidature, veuillez consulter : www.equals.org/awards

Vous souhaitez contribuer à la réduction de la fracture numérique entre les sexes, mais vous ne savez pas par où commencer ?

  • Rejoignez SIG Women qui vise à « promouvoir un espace mondial neutre œuvrant en faveur de la participation des femmes à la technologie et contribuant à réduire l’écart entre les genres dans ce domaine ». Il existe actuellement de nombreuses initiatives dans différentes régions du monde.
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Développer l'Internet Gouvernance Internet

Technologies émergentes: combler le fossé numérique en Afrique

L’enthousiasme suscité par le rôle de la technologie dans la contribution au changement social et à l’amélioration des résultats du développement en Afrique fait facilement oublier que seuls 11 % des abonnés à Internet dans le monde sont africains, et qu’à peine 35,2 % des Africains utilisent Internet. Un système scientifique et d’innovation efficace dans tous les pays et à l’échelle du monde dépend, à mon avis, d’une solide infrastructure de recherche fondamentale et d’enseignement supérieur. Outre la production de connaissances, les installations de recherche fondamentale, le développement des ressources humaines et les applications sont essentiels. Toutefois, pour réaliser, appliquer et gérer la recherche, tant les chercheurs que les directeurs de recherche et d’innovation ont besoin d’informations. Ces besoins doivent être satisfaits pour que les scientifiques et le système d’innovation scientifique puissent fonctionner efficacement.

Ma récente participation au 13e Forum sur la gouvernance de l’Internet à Paris, en tant que lauréat de la Bourse de voyage du programme Jeunesse@IGF, m’a fait prendre conscience que la technologie a réellement accru la vitesse et la portée de l’information partout – et maintenant jusque dans les communautés d’Afrique.

L’Afrique est en train de faire un bond en avant en termes de développement des technologies de l’information et de la communication, également alimenté par le haut débit mobile, mais des tendances inquiétantes se révèlent quant à la fracture numérique croissante entre hommes et femmes, et entre zones urbaines et rurales.

Tandis qu’il revient aux organisations de supprimer les obstacles liés à la fracture numérique, je pense aussi qu’il est de notre ressort de plaider en faveur d’une combinaison d’approches de basse et haute technologie, afin de permettre aux citoyens d’avoir accès à des informations cruciales pouvant les aider à améliorer leur vie et à contribuer à notre désir de connecter les non-connectés.

L’IGF 2018 fut la plate-forme de nombreuses réalisations. L’un des moments clés a été de comprendre le fait que la technologie peut permettre à des informations critiques d’atteindre des communautés marginalisées à une vitesse et à une échelle jamais atteintes auparavant. Il incombe donc aux ambassadeurs numériques comme moi de sensibiliser davantage à la manière dont ces informations peuvent être correctement utilisées tout en encourageant les organisations à intégrer dans leurs programmes des approches basées sur la technologie pour maximiser leur impact. Ce faisant, il est toutefois important de réfléchir à la manière dont ces approches peuvent être combinées avec des méthodologies de basse technologie, déjà connues pour leur efficacité.

En termes de nombre et de portée, la téléphonie mobile est la principale forme de téléphonie dans les pays en développement d’Afrique. Mais nous pouvons aussi revoir la question de la nouvelle technologie émergente à faible coût où l’utilisation accrue des espaces blancs du spectre de télévision (TVWS) peut fournir une occasion de connecter la population mondiale. Google et Microsoft s’intéressent déjà de près au marché émergent des espaces blancs en Afrique. Étant donné que les ondes peuvent se transmettre sur un rayon de 10 km, il s’agirait d’une solution parfaite pour les villages reculés et hors réseau.

Paris est magnifique et globalement, le 13e IGF a été une expérience formidable pour moi. La session sur l’inclusion numérique a ravivé mon envie d’en faire plus pour le continent. Quelques sessions ont été consacrées à des questions spécifiques à l’Afrique. La volonté d’aider mon continent à se développer numériquement existe. Par conséquent, ce que les gouvernements et les organisations internationales de développement en Afrique peuvent également faire, c’est renforcer le partenariat public-privé en matière d’investissement dans les services et l’infrastructure liés aux TIC. Je pense que nous avons également besoin de davantage de formation aux TIC à tous les niveaux de l’enseignement, en particulier dans les régions rurales – et notamment pour les filles, une autre initiative que je défendrai déjà chez moi. C’est l’une des questions qui a été traitée à la légère, mais qu’il faut remettre au centre.

Bien que la connaissance insuffisante de l’anglais et la faiblesse des infrastructures TIC constituent des facteurs contribuant à la fracture numérique en Afrique, j’espère continuer à sensibiliser davantage le continent grâce à mon expérience et mes connaissances, sans oublier les bons contacts noués à l’IGF 2018 qui contribueront à remodeler le continent en connectant le prochain milliard de personnes.

Apprenez-en davantage sur les réseaux communautaires et continuons à collaborer pour #SwitchItOn.


Image © Internet Society/Nyani Quarmyne/Panos Pictures

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Gouvernance Internet

Nous ne pouvons pas façonner l’avenir d’Internet sans la voix des jeunes

Après presque une décennie, le Forum sur la gouvernance de l’Internet (IGF) reste la pierre angulaire d’Internet international et de la gouvernance locale, avec la participation de plus de 140 pays. L’approche de l’IGF est simple : toute personne ayant un intérêt dans l’avenir d’Internet peut y aller et se faire entendre. Il a été fondé et fonctionne selon les principes d’ascendance, de transparence et d’inclusion.

Au sein de l’Internet Society, nous voulons donner aux jeunes le pouvoir de jouer un rôle clé dans la réforme des approches décisionnelles afin de mettre en place des politiques Internet saines axées sur les intérêts de chacun. Afin de faire entendre la voix des jeunes, nous devons ensemble demander aux dirigeants du monde entier de supprimer les obstacles qui les empêchent de s’exprimer. Dans cet esprit, et en collaboration avec nos partenaires, nous avons réuni plus de 200 jeunes à l’IGF 2015, 2016, 2017 et 2018, dans le cadre du programme Jeunesse@IGF. Cela fait partie de notre engagement à veiller à ce que la prochaine génération de leaders de l’Internet soit prête à promouvoir un Internet ouvert, globalement connecté, sécurisé et fiable pour tous.

Certains des 50 boursiers du programme Jeunesse@IGF qui ont participé à l’IGF de cette année à Paris ont tenu à nous faire part de leurs impressions sur le programme Jeunesse@IGF et l’IGF.

Marko Paloski de Macédoine, fondateur et coordinateur du Youth IGF MKD et membre actif du SEEDIG (Dialogue européen du Sud-Est sur la gouvernance de l’Internet), résume son expérience en tant que boursier du programme Jeunesse@IGF comme suit :

« J’ai participé pour la première fois au Forum sur la gouvernance de l’Internet (IGF) au siège de l’UNESCO à Paris. J’y étais dans le cadre du programme Jeunesse@IGF de l’Internet Society. L’expérience est inestimable. Tout d’abord, l’événement est énorme : il compte plus de 100 sessions sur chaque sujet de la gouvernance de l’Internet. Ce que j’ai aimé le plus, c’est que, à chaque session, on pouvait poser des questions ou donner son avis sur les sujets, en présence de personnes venues du monde entier. On peut également parler ouvertement et obtenir des conseils de professionnels qui travaillent au sein des gouvernements, dans le secteur privé, les sociétés civiles, les universités, etc.

J’ai également eu le plaisir de rencontrer Andrew Sullivan, le président-directeur général de l’Internet Society, lors de l’échange de leadership collaboratif sur le jour zéro, au cours duquel nous avons eu l’occasion de partager nos projets et notre expérience dans nos domaines. Andrew a participé avec nous, comme s’il faisait partie du groupe de boursiers du programme Jeunesse@IGF. Nous avons eu des présentations et des réunions avec des représentants des sponsors du programme, Microsoft et Google, qui travaillent dans ce domaine. Ils nous ont écoutés concernant les obstacles auxquels nous sommes confrontés et nous ont expliqué comment ils peuvent nous aider à atteindre les objectifs de nos projets pour un Internet plus sain et ouvert. J’ai rencontré beaucoup de gens et avec certains d’entre eux, nous sommes en contact chaque semaine lorsque nous travaillons sur des projets, des initiatives ou discutons des situations dans nos sociétés.
J’aimerais remercier l’Internet Society qui m’a permis de participer au programme et d’avoir le plaisir de participer à l’événement de l’IGF. Merci également à nos mentors Sheba Mohammid et Tracy Hackshaw pour l’expérience qu’ils nous ont donnée, ainsi qu’à Alejandra Prieto pour la coordination et l’aide apportée durant la réunion de l’IGF. »

Harsh Ghildiyal est un boursier du programme Teach for India qui enseigne dans une école défavorisée à Mumbai et aide les communautés dont sont issus les élèves à résoudre leurs problèmes. Harsh, dont les intérêts reposent sur la politique et la technologie, est tombé à plusieurs reprises ces dernières années sur le terme « gouvernance de l’Internet » jusqu’à ce qu’il présente sa candidature au programme Jeunesse@IGF. Selon ses propres mots :

« Je savais que j’adorerais jouer un rôle dans le façonnement de l’avenir de l’Internet. Cependant, je n’arrivais pas à trouver un moyen de le faire. Très vite, cependant, l’occasion s’est présentée. Grâce au programme Jeunesse@IGF de l’Internet Society, je suis entré relativement facilement dans le domaine intimidant de la gouvernance de l’Internet et j’ai quitté Paris avec des horizons élargis en me sentant mieux informé et plus motivé. Grâce à l’échange de leadership collaboratif, au Forum sur la gouvernance de l’Internet et lors d’autres interactions informelles, j’ai pu apprendre, grandir et, surtout, nouer des relations qui m’aident à collaborer et à jouer un rôle dans l’avenir de l’Internet comme je le souhaitais depuis toujours. »

Sebastian Hoe Wee Kiat de l’Université des sciences sociales de Singapour, qui construit et renforce des réseaux communautaires afin de créer une société numériquement inclusive pour réduire la fracture numérique, nous a fait part de son impression sur le programme Jeunesse@IGF :

« Venant d’une famille à faibles revenus, je suis reconnaissant à la bourse du programme Jeunesse@IGF 2018 d’avoir pu contribuer au débat mondial sur la gouvernance de l’Internet à Paris. En tant que jeune de la région Asie-Pacifique, j’ai participé à la conversation comme conférencier invité de l’atelier de l’UNESCO sur Internet et l’emploi : préparer la génération YZ à l’avenir. Mes principales conclusions sont les suivantes : nous devons défendre une approche multipartite, permettant à davantage de jeunes et de parties prenantes de la communauté de contribuer au débat mondial de l’IGF. Mon expérience en tant que boursier du programme Jeunesse @IGF me permet de contribuer davantage à la création de réseaux d’action plus solides au sein de la communauté. À l’avenir, je prévois de collaborer avec des partenaires communautaires, créer des ressources pour des projets d’inclusion numérique et les promouvoir en prenant la parole dans des écoles et lors de divers événements locaux et régionaux sur des sujets importants pour notre société et qui me passionnent profondément : la santé mentale et la technologie, les réseaux communautaires et l’inclusion numérique. »

Gabriel Karsan, stagiaire diplômé de l’Union des clubs de la presse tanzanienne (UTPC), s’est exprimé en ces termes :

« Je rentre chez moi optimiste avec une base fondamentale de connaissances et de ressources provenant des personnes et des sessions suivies en tant que fier boursier du programme Jeunesse@IGF 2018. Mon rêve d’un Internet égalitaire pour tous est plus près d’être réalisé à mesure que la voie est tracée. Actuellement, nous travaillons avec notre projet de groupe DreamInternerVoices, plaidant collectivement pour un Internet égal et plus sûr, réduisant la fracture numérique en partageant nos voix au travers d’une touche de diversité et d’une rhétorique basée sur des niches. »

Juliana Novaes, responsable de la commission des projets de l’observatoire de la jeunesse a fait part de son impression sur l’IGF :

« Il y a quelques années, lorsque je pensais à l’expression « élaboration de politiques », j’imaginais toujours des hommes âgés portant des costumes chics et ayant des conversations compliquées dans une grande entreprise ou un congrès. Pas vraiment un endroit accueillant pour une jeune femme latino-américaine. Cependant, mes perceptions du terme ont commencé à changer lorsque j’ai entendu parler pour la première fois des réunions de l’IETF et des processus décentralisés dans lesquels des protocoles étaient mis au points et des décisions techniques prises. Je me demandais comment cela fonctionnait si bien sans une autorité centralisée. Plus tard, j’ai eu connaissance d’un forum des Nations Unies sur la gouvernance de l’Internet et il me semblait si étrange de voir comment cet espace pouvait être ouvert à tous ceux qui souhaitaient participer, sans qu’aucun gouvernement n’exerce toute son influence. Cependant, ce n’est qu’à mon premier FGI que j’ai vraiment compris ce qu’était réellement l’élaboration des politiques et que l’ouverture, la transparence et la décentralisation sont des principes de base que doit suivre toute initiative appelée multipartite. Je suis jeune et, pour cette raison, de nombreuses portes me seront fermées en ce qui concerne l’élaboration des politiques, mais le fait de pouvoir assister à l’IGF et participer à un programme tel que Jeunesse@IGF m’a donné la force de me battre pour que ces portes soient ouvertes pour nous tous. Nous sommes jeunes, mais nous avons des choses à dire et nous voulons les faire entendre. »

Tous ces témoignages nous montrent l’importance de la diversité des voix, y compris celles des jeunes, dans le monde de la gouvernance de l’Internet. Nous ne pouvons pas façonner l’avenir d’Internet sans les voix des jeunesouvrons les portes et laissons-les entrer ! Les jeunes sont une force vitale pour obtenir un Internet ouvert, globalement connecté, sécurisé et fiable pour tous.

Êtes-vous un jeune passionné qui pense qu’il devrait jouer un rôle dans le développement d’Internet ? Découvrez ce que vous pouvez faire sur #CountMyVoice !

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Améliorer la sécurité technique Événements Gouvernance Internet Renforcer la confiance Technologie

Rejoignez-nous pour discuter des actions à mettre en œuvre contre les attaques d’Internet

Comment coordonner les actions contre les attaques d’Internet et ses utilisateurs ? S’il veut survivre à sa croissance ininterrompue, le réseau des réseaux doit évoluer. Cette transformation concerne non seulement les technologies, mais aussi les personnes, les processus et les organisations impliqués dans le développement, l’exploitation et l’évolution d’un réseau mondial en pleine croissance, et qui doivent s’adapter pour relever les nouveaux défis qu’il engendre.

L’un de ces défis est le trafic indésirable, allant du courrier indésirable aux attaques par déni de service à grande échelle, en passant par d’autres formes d’abus liés à la messagerie. En cas d’incident, il existe de nombreuses mesures d’intervention pour atténuer les effets de ces attaques. Certaines se concentrent sur des types d’attaques spécifiques, tandis que d’autres sont des groupes fermés d’analyse et de partage concentrés sur plusieurs types d’attaques.

Nous rassemblons les opérateurs, les chercheurs, les membres des CSIRT, les fournisseurs de services, les distributeurs, les membres des centres de partage de l’information et d’analyse, afin qu’ils discutent des moyens de coordonner leurs réponses aux attaques contre Internet. L’Internet Society parraine un atelier de deux jours intitulé « Coordination des réponses aux attaques contre Internet », qui vise à créer des liens entre les nombreuses parties prenantes travaillant sur les mesures à prendre contre les attaques d’Internet et à favoriser les échanges sur la manière d’améliorer notre collaboration.

L’atelier aura lieu du 28 février au 1er mars 2019. Tous les détails, y compris les instructions de soumission des argumentaires, peuvent être consultés. La date limite de soumission des argumentaires (d’une longueur de deux pages) est le 16 décembre 2018.

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Confidentialité Economie Façonner l'avenir d'Internet Gouvernance Internet Politique publique Rapports

Réflexion sur l’avenir : Orla Lynskey s’exprime sur les données à l’ère de la consolidation

L’année dernière, l’Internet Society a dévoilé le Rapport mondial sur l’Internet 2017 : les voies de notre avenir numérique. Ce rapport interactif identifie les facteurs qui influencent l’Internet de demain et leur incidence sur les médias et la société, la fracture numérique et les droits et libertés individuels. Nous avons interviewé Orla Lynskey pour connaître son point de vue sur les forces qui façonnent l’avenir d’Internet.

Orla Lynskey est professeur agrégé de droit à la London School of Economics and Political Science. Son domaine de recherche principal est le droit de l’Union européenne en matière de protection des données. Sa monographie, The Foundations of EU Data Protection Law (Les fondements de la législation européenne sur la protection des données) (Oxford University Press, 2015), explore le potentiel et les limites du contrôle individuel des données à caractère personnel, ou « l’autodétermination informationnelle » dans le cadre de la protection des données. Plus récemment, ses travaux se sont concentrés sur les approches collectives des droits de la protection des données et sur les mécanismes visant à contrebalancer les asymétries de pouvoir dans l’environnement en ligne. Lynskey est rédactrice en chef du journal International Data Privacy Law et de la revue Modern Law Review et est membre du groupe d’experts multipartite de la Commission européenne sur le RGPD. Elle est titulaire d’un baccalauréat en droit du Trinity College de Dublin, d’une maîtrise en droit du Collège d’Europe (Bruges) et d’un doctorat de l’université de Cambridge. Avant d’entrer dans le monde universitaire, elle a travaillé en tant qu’avocate spécialisée en droit de la concurrence à Bruxelles et en tant qu’assistante pédagogique au Collège d’Europe.

L’Internet Society : Vous avez récemment publié une édition de symposium du journal International Data Privacy Law (IDPL) dans laquelle vous affirmez que l’interaction des lois en matière de protection des données, de concurrence et de protection des consommateurs est parvenue à un tournant crucial. Pourquoi et comment cela se passe-t-il dans le domaine Internet ?

Orla Lynskey: Ces domaines du droit se trouvent à la croisée des chemins dans deux sens. Premièrement, les organismes de réglementation reconnaissent de plus en plus qu’ils se chevauchent dans certaines circonstances. Un bon exemple en est la référence dans la décision de fusion Microsoft/LinkedIn à la protection des données en tant que paramètre sur lequel les entreprises sont en concurrence, ou l’affirmation selon laquelle Facebook abuse de sa position de pouvoir sur le marché en subordonnant l’accès à ses services à une collecte excessive de données sur divers sites Web de tiers faisant l’objet d’une enquête par l’autorité allemande de la concurrence. Cependant, nous nous trouvons également à la croisée des chemins dans un deuxième sens : après avoir reconnu que ces domaines du droit doivent être appliqués de manière globale, nous devons maintenant examiner d’un point de vue pratique et procédural la manière dont ce chevauchement peut être géré.

Vous avez écrit ailleurs que la consolidation numérique peut avoir un effet sur l’inégalité numérique en donnant aux plates-formes non seulement un pouvoir sur le marché, mais également le « pouvoir de la providence ». Qu’entendez-vous par là et quel en est l’impact sur les communautés marginalisées en particulier ?

La providence se définit de différentes manières, notamment comme une forme d’influence non humaine qui contrôle la vie des gens. J’affirme dans le journal que les plates-formes numériques dominantes ont un « pouvoir de providence », car elles sont – comme l’œil de la providence – visionnaires : elles ont la capacité de relier et d’analyser divers ensembles de données de manière à fournir un aperçu complet de la vie des individus, les rendant transparentes dans le processus. En outre, elles peuvent utiliser ce point de vue unique pour influencer les individus d’une manière que nous aurions jusqu’à présent considérée comme dystopique, par exemple au moyen de la publicité politique personnalisée. Enfin, l’architecture d’Internet et les termes utilisés pour décrire ses processus (par exemple, « apprentissage automatique ») donnent la fausse impression que la manière dont nos données sont utilisées pour nous influencer en ligne et nous pousser dans des directions précises est indépendante de toute intervention humaine, ou est « neutre ». En ce sens, on lui attribue un statut quasi divin.

Je pense que ce pouvoir de providence peut avoir l’effet particulièrement pernicieux d’aggraver les inégalités sociales existantes. Je soutiens dans le journal que cette capacité à utiliser des données pour influencer des personnes peut être utilisée pour discriminer, pour différencier et aussi pour créer des perceptions. Par exemple, j’ai pu m’appuyer sur les travaux d’autres chercheurs pour indiquer que l’exploration de données facilite la différenciation sur la base du statut socio-économique, ce que la loi sur la discrimination n’interdit pas. Ces recherches suggèrent que les pauvres sont soumis à une surveillance accrue avec des enjeux plus importants et sont particulièrement vulnérables aux processus d’exploration de données en raison des dispositifs utilisés pour se connecter à Internet (notamment les téléphones mobiles qui sont moins sécurisés que d’autres dispositifs). Bien que la différenciation via l’exploration de données ne soit pas l’apanage des plates-formes avec un tel pouvoir, leur position privilégiée leur confère une capacité supérieure d’exploration de données et signifie que les asymétries d’informations et de pouvoir existantes sont exacerbées.

Le droit de la concurrence peut-il contester le pouvoir de la providence ? Qu’en est-il de la loi sur la protection des données ? Comment peuvent-ils collaborer pour protéger les droits numériques ?

Les dispositions du droit de la concurrence sont les seules dispositions juridiques expressément conçues pour limiter l’exercice du pouvoir privé. Il est donc logique d’examiner si elles peuvent être utiles pour contester ce pouvoir de providence. Je pense qu’au minimum le droit de la concurrence ne devrait pas aggraver les choses, par exemple en facilitant les fusions fondées sur des données qui consolident davantage nos données entre les mains d’un nombre très limité d’acteurs privés. Toutefois, dans certains cas, le droit de la concurrence pourrait également limiter les comportements abusifs – par exemple, les conditions d’utilisation abusives des données – par des entreprises ayant un pouvoir de marché.

Cela dit, le droit de la concurrence a ses propres limites et ne devrait jamais faire partie du casse-tête général, la loi sur la protection des données jouant un rôle de premier plan dans la réglementation de l’utilisation de nos données à caractère personnel. À ce jour, la législation de l’UE en matière de protection des données n’a pas été appliquée de manière rigoureuse, mais je fais partie de ceux qui restent optimistes sur le fait que, avec une application plus stricte, ce système pourrait être vraiment efficace.

Si la protection des données, la protection des consommateurs et le droit de la concurrence jouent tous un rôle important dans la remise en cause de la domination numérique néfaste, comment les différents organismes de réglementation chargés de traiter ces problèmes respectifs travaillent-ils ensemble sans empiéter sur leurs domaines respectifs ? Une meilleure collaboration multipartite est-elle nécessaire à cet égard ?

C’est cette question – de la division du travail entre les autorités de régulation – qui doit encore être résolue. Dans l’idéal, comme l’a proposé le Contrôleur européen de la protection des données, ces agences collaboreraient entre elles sous l’égide d’un « Centre d’échange d’informations numériques » ou quelque chose de similaire.

L’Allemagne a récemment annoncé son intention d’enrayer la domination numérique en recourant au droit de la concurrence. Avez-vous remarqué des tendances en ce qui concerne les réponses des autres autorités de la concurrence à la domination du secteur technologique dans le monde, et en particulier la façon dont elles définissent les marchés concernés ?

Il est indéniable que les régulateurs et le grand public reconnaissent de plus en plus le pouvoir des entreprises technologiques. C’est peut-être là où le droit de la concurrence atteint ses limites : les dispositions du droit de la concurrence n’empêchent pas une entreprise d’acquérir une position de force sur le marché, elles rendent tout simplement illégal pour cette entreprise d’abuser de ce pouvoir de marché d’une manière qui relèverait de l’exploitation ou exclurait des concurrents tout aussi efficaces du marché. La réglementation économique pourrait, par exemple, contraindre les entreprises technologiques à assurer une séparation structurelle entre les diverses opérations (p. ex. une séparation structurelle entre Facebook et WhatsApp). Cela nécessiterait toutefois une intervention législative.

L’exception à cette règle se situe dans le contexte des fusions, où les autorités de la concurrence ont la possibilité d’examiner l’impact potentiel futur d’une transaction sur le marché. À ce sujet, j’ai affirmé dans le passé que les fusions fondées sur des données devraient être traitées de la même manière que les fusions de médias et faire l’objet non seulement d’une évaluation économique, mais également d’une évaluation plus large non concurrentielle afin d’évaluer leur impact sur la protection et la confidentialité des données. C’est l’une des idées à l’étude en Allemagne et je pense qu’il est probable que d’autres autorités de concurrence introduiront des mesures similaires en temps utile.

Que pensez-vous de l’idée selon laquelle les données des utilisateurs devraient bénéficier de droits de propriété numérique (c’est-à-dire que les plates-formes devraient payer les utilisateurs pour leurs données) ?

Les droits de propriété sur les données personnelles sont une idée terrible : ils n’offrent aucun avantage réel par rapport au cadre juridique actuel et risquent d’exacerber les asymétries d’information et de pouvoir tout en compromettant la protection des données en tant que droit fondamental. Donner des droits de propriété sur les données ne nous avantagerait pas quand il s’agirait de négocier avec les géants de la technologie, cela signifierait plutôt que nous perdrions tous les droits sur ces données une fois que nous aurions conclu des contrats avec ces entreprises. Je crains également que, dans ce cas, la protection des données ne devienne un luxe dont ceux qui pourraient se permettre de ne pas voir traiter leurs données pourraient profiter, ce qui créerait peut-être une incitation biaisée à révéler davantage de données ou des données plus sensibles pour en tirer profit. Ceci est incompatible avec le droit à la protection des données de la Charte européenne. J’aborde cette question dans mon livre sur les fondements du droit européen en matière de protection des données.

Existe-t-il un espoir dans la portabilité des données en tant que moyen de contrer les effets des données et de résoudre les problèmes de consolidation ?

Potentiellement. Une des explications du droit à la portabilité des données du RGPD est qu’il peut permettre aux consommateurs de changer de fournisseur de services s’ils ne sont pas satisfaits d’un service (par exemple, passer de Facebook à une alternative mythique si vous n’êtes pas satisfait de la qualité de la protection des données offerte). Toutefois, comme je l’ai expliqué dans le cadre de mes recherches, l’impact de ce droit sur la concurrence et l’innovation est ambigu. Il pourrait, par exemple, décourager l’innovation en se conformant aux normes utilisées par les entreprises en place ou en augmentant les coûts des startups. Cela est d’autant plus vrai que cela ne nécessite pas d’interopérabilité. Toutefois, la question de savoir si l’interopérabilité est souhaitable du point de vue de la protection des données est également contestable. Je suggérerais que la portabilité devrait être envisagée du point de vue du contrôle individuel des données à caractère personnel plutôt que simplement comme un outil de marché, étant donné ces effets ambigus.

Quelles sont vos craintes pour l’avenir d’Internet ?

Ma principale crainte vis-à-vis d’Internet est qu’un média qui promettait tant pour la promotion des droits – tels que la liberté d’expression et d’association – finisse par avoir des effets corrosifs et soit source de discorde dans le monde réel. L’un des avantages de l’Internet était qu’il offrait aux utilisateurs la possibilité de se connecter avec ceux qui partageaient des intérêts de niche similaires (la Société d’appréciation Eric Cantona, par exemple), mais la personnalisation de tous les contenus, y compris par exemple les contenus politiques, risque de pousser cela à l’extrême. Cela ne veut pas dire que la personnalisation est le seul facteur qui alimente cette préoccupation, bien entendu.

Quels sont vos espoirs quant à l’avenir d’Internet ?

Je pense qu’Internet est actuellement basé sur une bulle de données qui doit éclater. Le principal exemple en est le traitement excessif des données qu’entraîne la publicité comportementale en ligne. Même si nous pouvions affirmer que le traitement des données à caractère personnel constitue la contrepartie d’un accès gratuit aux services et contenus en ligne au point d’accès, la quantité de données à caractère personnel traitées pour cet échange est clairement disproportionnée. Les régulateurs ne sont pas encore familiarisés avec cela, mais la loi sur la protection des données fournit un motif potentiel pour contester ce traitement : lorsqu’il s’agit de déterminer si le consentement est donné librement, il faut absolument tenir compte du fait que le service est subordonné au consentement à un traitement inutile. Je n’ai encore vu aucune preuve empirique qui me convainque que la publicité comportementale en ligne est tellement plus efficace que la publicité contextuelle qu’elle justifie cette intrusion excessive dans nos droits.

Nous nous préparons à lancer le prochain Rapport mondial sur Internet ! Lisez la note conceptuelle et découvrez comment l’économie de l’Internet pourrait transformer notre avenir.

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Femmes de la Tech Gouvernance Internet

L’égalité des sexes : il suffit de cliquer sur la souris

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Cet article reflète les arguments avancés dans un document d’information publié conjointement par Internet Society et l’Association for Progressive Communications (APC) avant le Sommet du Groupe des femmes du G20 (W20) en Argentine du 1er au 3 octobre.

À l’ère du numérique, la maîtrise de l’Internet est devenue essentielle, sinon synonyme, d’employabilité dans de nombreux domaines. Les technologies de l’information et des communications (TIC) stimulent la croissance des entreprises et le développement économique des pays. Elles ouvrent de nouvelles voies pour communiquer à grande distance, mais aussi pour organiser les gens, les sensibiliser et stimuler l’activisme.

Toutefois, cette promesse peut aggraver les inégalités existantes hors ligne si ces technologies ne sont pas accessibles et utilisées par tous.

Aujourd’hui, beaucoup de femmes et de jeunes filles sont laissées pour compte dans le développement numérique. Alors que dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, l’écart entre l’utilisation des femmes et celle des hommes est de 26 %, dans les pays les moins avancés (PMA), les femmes sont 33 % moins susceptibles que les hommes d’utiliser Internet.

Dans certains cas, les femmes n’ont tout simplement pas accès à Internet, ou c’est trop cher. Dans d’autres, elles ont un accès limité, avec des services prépayés. Il existe également des facteurs culturels qui empêchent les femmes d’utiliser Internet, voire de posséder un ordinateur ou un téléphone portable.

Cela soulève des questions plus profondes. À l’échelle mondiale, les femmes ont moins de temps libre que les hommes, car elles assument généralement la plus grande partie des tâches ménagères et de la garde des enfants. Elles ont également moins d’opportunités que les hommes sur le marché de l’emploi ou pour entrer dans des professions où elles peuvent accéder à Internet et acquérir des compétences en informatique. Bon nombre d’entre elles disent aussi avoir l’impression que le contenu d’Internet n’est pas pertinent pour leur vie. D’autres craignent les atteintes à la vie privée ou les abus en ligne. Par conséquent, nous avons besoin d’un plus grand nombre de créatrices de contenu et d’espaces en ligne sûrs.

En outre, nous devons nous rappeler que l’accès à Internet n’a de sens que lorsque les femmes possèdent les compétences ou les capacités nécessaires pour l’utiliser afin d’améliorer leur vie ou celle de leur famille et de leur communauté. À mesure que les économies deviennent de plus en plus numériques et interconnectées, la participation des femmes dans des domaines tels que la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques (STEM) est cruciale. Mais malheureusement, cette participation ne progresse pas au même rythme.

Nous avons besoin de mesures efficaces, tangibles et mesurables pour combler l’écart numérique entre les sexes en matière d’accès à Internet. Nous devons éliminer les obstacles à son utilisation pour faire en sorte que les femmes et les jeunes filles puissent réellement bénéficier de l’inclusion numérique.

Nous savons que le désavantage numérique reflète des inégalités structurelles, économiques et culturelles plus profondes. Les politiques ne peuvent donc pas être uniquement numériques. Les mesures visant à combler le fossé numérique doivent être fondées sur les droits de l’homme, notamment le droit des femmes de participer et de contribuer au développement social, économique et culturel. Elles doivent tenir compte de la liberté des femmes de prendre leurs propres décisions et inclure les femmes de tous les groupes sociaux et de tous les milieux dans l’élaboration de ces politiques et technologies qui ont une incidence sur leur vie.

Il n’existe pas de solution universelle. L’égalité des sexes et le développement numérique varient énormément d’un pays à l’autre. Pour être efficaces, les changements doivent être culturellement spécifiques. Si nous voulons surmonter le désavantage numérique et promouvoir le développement numérique, les gouvernements, les entreprises et les autres parties prenantes doivent prêter attention à ces différents contextes lors de l’élaboration des politiques, des programmes et des plans d’entreprise.

Les mesures de développement numérique doivent également être intégrées aux politiques de lutte contre les inégalités entre les sexes.

En août 2018, le G20 s’est engagé à “accorder une attention particulière” à la fracture numérique entre les sexes et a formulé neuf recommandations à cet égard dans la Déclaration ministérielle du G20 sur l’économie numérique, adoptée à Salta (Argentine).

Sans de telles mesures, les différences d’accès et d’utilisation d’Internet creuseront, plutôt que de réduire, le fossé entre les femmes et les hommes en matière d’information et de pouvoir. Cela serait préjudiciable pour chacun d’entre nous.

Lire L’inclusion numérique des femmes : document d’information pour le G20.

Photo : RadioViva/Asociación Trinidad

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Gouvernance Internet

Le retour du combat pour un plus grand contrôle d’Internet

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Selon certains experts, un groupe de pays va probablement tenter de relancer les vieilles batailles sur le contrôle international d’Internet au cours des mois à venir, lors des prochaines réunions concernant la gouvernance d’Internet.

D’après Robert Morgus, Directeur principal des politiques chargé de la cybersécurité pour le groupe de réflexion américain, New America, il est fort probable que la Conférence de plénipotentiaires de l’Union internationale des télécommunications (UIT), qui débutera à Dubaï le 29 octobre, relance la controverse sur le contrôle de l’Internet par les gouvernements.

Selon la déclaration de Morgus jeudi dans le cadre d’un débat sur la gouvernance de l’Internet, animé par New America et coparrainé par le chapitre de Washington de l’Internet Society, il prévoit qu’à l’occasion de la réunion de l’UIT, la Russie, la Chine et d’autres pays reprendront leur croisade en faveur de nouveaux contrôles approuvés par la communauté internationale.

Morgus a ajouté que, bien que l’UTI se soit traditionnellement tenue à l’écart des décisions politiques relatives à l’Internet, le groupe de pays dirigés par des gouvernements autoritaires fera probablement pression pour convoquer une nouvelle Conférence mondiale des télécommunications internationales (CMTI). Cette Conférence est généralement l’occasion d’aborder des sujets brûlants, comme le contrôle et la gouvernance de l’Internet.

En décembre 2012, la dernière réunion de la CMTI s’est terminée par le refus des États-Unis, du Royaume-Uni, du Japon et d’une poignée d’autres pays de signer un accord soutenu par 89 pays, appelant à la coopération internationale pour lutter contre les problèmes de sécurité et de spam. Les détracteurs de l’accord ont déclaré qu’il ouvrait la porte à l’adoption par les pays de réglementations restrictives permettant de filtrer les contenus.

Il est également possible que certains pays fassent pression pour que l’UTI commence à réglementer l’Internet, selon Morgus. « De nombreux pays en développement se tournent vers l’UTI pour obtenir des conseils qui leur permettront de relever les défis de politique publique associés à chaque nouvelle technologie numérique » a-t-il ajouté. « Certains pays, comme la Russie ou la Chine, tentent souvent d’utiliser l’UTI pour consolider ou légitimer le contrôle de l’État sur les technologies des télécommunications. »

Morgus a aussi déclaré que, alors que des pays font pression pour un contrôle international plus intensif de l’Internet, certains se sont enhardis à se « lancer seuls », en filtrant les discours politiques qu’ils n’approuvent pas et d’autres, en tentant de bloquer le « mauvais trafic » avant qu’il n’atteigne leur territoire.

« Les États vont commencer à choisir leurs propres modèles de gouvernance… qui finiront par s’étendre au modèle de gouvernance international, plutôt que l’inverse, » a-t-il déclaré.

Par conséquent désormais, l’Internet ressemble moins à un réseau mondial que ne l’avait envisagé la nouvelle génération d’internautes, a-t-il ajouté. Il a aussi précisé : « Il est aujourd’hui difficile pour moi de dire… que nous disposons d’un réseau mondial qui partage des valeurs. ». « Nous avons une série de réseaux [nationaux] interconnectés. »

Parallèlement, les décideurs politiques et les défenseurs de l’Internet se débattent pour trouver les moyens de gérer les fausses nouvelles et la propagande, a confié Shane Tews, Co-président du Forum de gouvernance de l’Internet USA. Bien que le Forum de gouvernance de l’Internet ne soit pas une organisation chargée de l’élaboration des politiques, la question des fausses nouvelles sera probablement l’un des sujets abordés pendant la réunion du FGI en novembre prochain à Paris, a-t-elle indiqué.

Il est possible que les nouvelles préoccupations à propos de « la confiance et la vérité » dans le contenu en ligne encouragent des mesures pour tenter de réglementer l’Internet, a-t-elle ajouté. La « militarisation » de l’information n’est pas une tactique récente, cependant l’Internet est un nouvel outil dans le cadre de ces décisions, a expliqué Tews.

Dans certains pays, la question des fausses nouvelles est un débat sur la liberté et dans d’autres, il s’agit d’un problème de contrôle et de souveraineté, a-t-elle précisé. « Que faire des personnes qui sont payées pour envoyer de fausses informations ? » a demandé Tews.

Selon Becky Burr, Directrice juridique adjointe de Neustar et membre du conseil d’administration de ICANN, outre les nouvelles pressions en faveur d’un contrôle descendant de l’Internet, il existe également un élan vers un Internet libre et ouvert.

Une meilleure éducation des citoyens pourrait contribuer à résoudre le problème des fausses nouvelles, ainsi que l’étude de l’histoire, afin de déterminer si l’équilibre entre la désinformation et la liberté d’expression était meilleur avant que maintenant, a-t-elle ajouté.

« Je suis partagée, car je pense parfois que toute tentative de marche arrière avec l’Internet libre et ouvert est vouée à l’échec, » a indiqué Burr.

Lire la liste des sujets qui seront abordés lors de la conférence de plénipotentiaires de l’Union internationale des télécommunications (UIT)(PP-18) à Dubaï le mois prochain.

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Femmes de la Tech Gouvernance Internet

En route pour l’égalité : hommage aux femmes qui œuvrent pour ce nouveau monde

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Le 22 septembre, 22 femmes rejoindront une communauté en plein essor, réunissant des individus qui croient en l’égalité des chances pour les femmes et les filles.

Les Equals in Tech Awards est un évènement annuel, récompensant celles qui promeuvent l’égalité des femmes et des filles en termes d’accès, de développement des compétences et d’opportunités relatifs au Web et au secteur technologique.

C’est la deuxième fois que nous y participons et les initiatives des finalistes sont toujours aussi épatantes.

Cette année, 22 ont été sélectionnées parmi les 357 nominées venant de 80 pays. Elles créent des accélérateurs d’intelligence artificielle, explorent de nouvelles façons de former des entrepreneuses ou habilitent des professionnelles de la santé. Sur les 22 finalistes, 5 gagnantes seront choisies, chacune représentant une catégorie spécifique.

EQUALS est un réseau international établi par le biais d’un partenariat engagé entre des dirigeants d’entreprises, des gouvernements, des organisations sans but lucratif, des communautés et des individus du monde entier, qui travaillent ensemble pour combler le fossé numérique entre les sexes, en amenant les femmes à la technologie et la technologie aux femmes, améliorant ainsi la vie de millions de personnes dans le monde. Pour en savoir plus, consultez leur site Web.

Si vous envisagez de vous présenter pour les Equals in Tech Awards de l’année prochaine, voici ce que vous devez savoir.

Rejoignez la communauté ! Suivez le hashtag #EQUALSinTech sur Twitter et Facebook.